Des données ? Quelles données ?

Les données de la recherche peuvent revêtir diverses formes (données chiffrées, texte, son, image, questionnaire d’enquête, logiciel, etc.) et provenir de sources différentes impliquant un mode d’archivage spécifique.

Les données d'observation

Ce sont par exemple des relevés de température ou de précipitations, des données de télédétection, des photos, des données d’enquêtes. Ces données uniques sont à conserver précieusement et indéfiniment. Le document 1 et le document 2, extraits du fonds ancien, témoignent du laborieux travail de recensement que cela représentait au XIXe siècle

Tables des logarithmes, sinus et tangentes pour la division décimale du quart de cercle calculées avec 8 ou 9 décimales pour être imprimées avec 7 décimales exactes au bureau du Cadastre

Document 3 : Tables des logarithmes, sinus et tangentes pour la division décimale du quart de cercle calculées avec 8 ou 9 décimales pour être imprimées avec 7 décimales exactes au bureau du Cadastre, sous la direction de M. de Prony

Comparaison des diverses espèces de chaux qui ont servi aux expériences

Document 4 : Comparaison des diverses espèces de chaux qui ont servi aux expériences

Les données expérimentales

Elles sont générées par un équipement en laboratoire ou ce sont des mesures de performance d’une machine. Elles sont à conserver avec soin (le coût pour les reproduire peut en effet être rédhibitoire). Dans ses travaux de recherche sur les chaux, Vicat a laissé des tableaux très précis sur la nature des chaux qu’il a testées et ses conclusions sur leur qualité (document 4).

Les données de simulation

Elles sont produites par des logiciels (par exemple, des modèles climatiques ou économiques). Il faut les documenter et archiver aussi les informations qui permettront leur exploitation et leur réutilisation.

Au XVIIIe siècle, avec des moyens bien moins confortables que ceux à disposition des chercheurs d'aujourd'hui, Prony a réalisé de grandes tables de logarithmes des nombres 1 à 200 000. Près de 500 000 calculs ont été réalisés en 2 ans seulement (document 3).

Pour mener à bien ce travail phénoménal, Prony a appliqué les principes de la division du travail aux opérations intellectuelles sans quoi il avait estimé que la plus grande durée présumable de sa vie n’aurait pas suffi… Il mit alors en place une “usine à calculer” avec deux équipes de “calculateurs”, les calculs étant ainsi faits 2 fois, puis comparés par une équipe de “vérificateurs". Les résultats obtenus se sont avérés être très fiables malgré une équipe peu compétente. En effet, les perruques n’étant plus vraiment à la mode à cette époque, il a profité de la disponibilité d’un grand nombre de perruquiers désœuvrés pour les embaucher dans son "usine".