Préparation à la guerre

Annonce aux élèves de la mise en place d'un cours de fortifications

Note adressée aux élèves ingénieurs de première classe annonçant le début du cours de fortification pour la session 1872-1873

Cours et enseignements

La défaite de la guerre de 1870 face à la Prusse a marqué durablement les esprits en France et, très vite, la volonté d’une revanche et la conscience d’une insuffisance en matière militaire conduisent le gouvernement français à prendre des mesures. Dans la loi militaire qui s’élabore dans les années 1870, les grandes écoles « techniques » n’échappent pas à ce mouvement. En effet, le ministre de la Guerre se propose d’y inscrire la possibilité de conférer des emplois d’officiers dans l’armée territoriale aux ingénieurs des ponts et chaussées assujettis, comme tous les français, au service militaire jusqu’à l’âge de 40 ans, et de les placer à la tête de compagnies auxiliaires du génie qu’ils commanderaient en cas de mobilisation. Cela signifie l’introduction dans la scolarité d’un cours de fortification qui pourrait être assuré par des officiers du génie de Paris. Suivant déjà des cours sur tout ce qui est relatif aux travaux, seul un petit nombre de leçons serait nécessaire aux élèves de l'École nationale des ponts et chaussées.

Cours d’art militaire et fortifications 1873-1910, dispensés par des militaires :

Colonel Usquin

1873-1878

Consulter le cours : 4° 11158

Capitaine Laurent

1879-1881

Consulter les cours : 4° 14820 et 4°14820

Lieutenant-colonel Hennebert

1881-1882

Consulter les cours : 4° 17322 et 4°49759

Colonel Tartrat

1882-1889

Consulter les cours : 4° 17323 et 18326

Colonel Duval-Larguierce

1890-1895

pas de cours écrit

Colonel Guinot

1895-1898

4° 23176/C1237

Colonel Ancelle

1899-1901

pas de cours écrit

Commandant Maurial

1902-1910

pas de cours écrit

 

Les services rendus par le corps des ponts lors de la guerre de 1870, notamment en matière de topographie militaire des opérations de reconnaissance, ont démontré l’aptitude des ingénieurs qui n’auraient besoin que de quelques connaissances spéciales supplémentaires pour montrer leurs pleines capacités.

Le conseil de l’École accepte le principe de cet enseignement fixé en 3e année, pour une durée de 15 leçons orales complétées par deux exercices de dessins dans la limite de 6 à 8 jours au plus de travail. Les cours sont sanctionnés par un examen final et notés sur 20 points ou degrés, 12 pour l’examen et 8 pour le travail graphique.

Devant être organisé rapidement, l’enseignement est confié dans un premier temps au colonel Usquin, professeur à l’École polytechnique. Il est commun aux élèves des écoles des mines et des ponts et se tient à l’École nationale des ponts et chaussées.

Par ailleurs, le directeur Jégou d’Herbeline souhaite organiser pendant chaque mission des élèves un stage d’un mois (15 juin-15 juillet) dans un régiment du génie. Les frais engendrés repoussent cette pratique jusqu’en 1878, mais les élèves montrent leur patriotisme en accueillant avec empressement cette proposition malgré une diminution du temps de leurs vacances.