Pertes humaines

Morts au champ d'honneur !

Le 16 novembre 1915, l’École a la « douloureuse fierté de figurer au premier rang parmi les grandes Écoles pour les pertes et pour les distinctions : 54 citations à l’ordre du jour et 8 croix de chevalier ».

Fin 1917, le directeur Auguste Kleine annonce qu’un élève sur six est tombé au champ d’honneur depuis le début de la guerre ainsi que cinq membres du personnel. Il indique qu’un livre d’or leur sera consacré afin de rendre un hommage particulier à chacun.

C’est le 10 novembre 1920 qu’a lieu la cérémonie de mémoire, sous la présidence d’Yves Le Trocquer, ministre des Travaux Publics. Les noms des élèves et du personnel morts au champ d’honneur sont gravés en lettres d’or sur les faces Est et Ouest de l’obélisque en granit qui s’élève au centre du jardin intérieur du 28 rue des Saints-Pères. Ils rejoignent ceux des morts de la guerre de 1870. Le fait que la cérémonie ait lieu deux ans après la fin des hostilités permet de leur adjoindre les noms de ceux qui sont morts de leurs blessures jusqu’à cette date.

350 personnes environ sont présentes : les parents des défunts, les hauts fonctionnaires des Travaux Publics, des directeurs des grandes écoles, les conseils, comités et bureaux des associations d’ingénieurs et d’anciens élèves, les membres du corps des ponts et chaussées résidant à Paris, les membres des conseils de l’École, les élèves et le personnel.

39 des 158 élèves que comptait l’École en août 1914 sont morts pour la France, ainsi que 4 membres du corps enseignant et un membre du personnel.

Le livre d’or réalisé pour l’occasion est l’œuvre du lieutenant colonel Hayot, officier surveillant de l’École, qui a recueilli auprès des familles et du ministère les documents et qui a rédigé les notices individuelles sur les disparus.